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Colombia et le film documentaire du lendemain-RIDM 2015

16 novembre 2015
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« Sans mémoire ni projection, l’image ne fait pas image » -François Niney – L’épreuve du réel à l’écran

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Écrit par Daniel Rodriguez

en collaboration avec Melissa Morris

Les Rencontres internationales du documentaire à Montréal, nous présentent cette année trois films colombiens dont les démarches et traitements nous confrontent à une réflexion sur le moment historique qui traverse le pays.

Dans Impresiones de una guerra, Camilo Restrepo propose une immersion  dans la mémoire collective de la guerre; nous guidant par une narration bizarrement à la fois impersonnelle et introspective, ce film construit un langage visuel pour lequel le sujet-image devient un dispositif de cohésion politique lui-même: les impressions, une métaphore qui regroupe par exemple aussi bien des tattoos que des découpes de journaux , assumées comme des traces du conflit, sont explorées comme des archives en palimpseste ou le cinéma agît comme décodeur, comme s’il s’agissait d’une bioluminescence fatale invisible à l’oeuil nu. Comment suivre les traces d’une guerre aveugle en transformant les blessures visuelles que celle-ci laisse derrière-elle, en icônes aide-mémoire?  « Pour celui qui le désire, nous dit cette voix – il est possible de lire l’histoire du pays ailleurs, dans la multitude de traces, des marques volontaires ou accidentelles, éphémères ou dissimulées, souvent les signes d’une lutte contre l’oubli, l’invisibilité ou l’impunité ». Le film sert ainsi à apprivoiser ce besoin de mémoire, l’impossibilité du consensus, le défi esthétique de la violence, par un traitement expérimentale, voire une recherche formelle entre méthodique et impressioniste, en faisant autant des traces visuelles que la violence laisse à son passage comme du son de témoignages lui étant liés, des images-archives  d’un souvenir vivant, d’une blessure encore ouverte qui semble plus facile à guérir quand le cinéma la rend visible et belle.

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Pablo Alvarez, à son tour, réalise un exercice solitaire de réconciliation du regard. Nuestro monte luna, est le beau titre issu de la signification autochtone du nom du village ou il tourne: Choachi. Le groupe de jeunes aspirants à toréadors qui s’y retrouvent véhiculent une dynamique qui va au delà de leur recherche de survie, des obstacles qu’ils retrouvent. C’est l’interaction percutante entre la volonté et l’hostilité d’un entourage, qui finit par nous sembler accueillant malgré les allusions omniprésentes de la ménace, du non-sens, de la lourdeur de grandir entouré par la diversité en conflit. La captation de Pablo est un exercice d’accompagnement respectueux et prolongé dans le temps, qui illustre la difficulté de comprendre dans la permanence, laissant découvrir d’une fa¢con tantôt contemplative, tantôt saccadée par le montage semi-arbitraire, un milieu ou tout semble se simplifier dans sa complexité. On retiendra l’effacement radical du réalisateur par le montage, sa volonté de disparaitre du moment présent qui ne fait que renforcer la portée subjective de l’opération de la caméra. Le film devient ainsi un événement aussi passif que transgresseur, qui souligne les fragilités et luttes de ces individus, en utilisant la structure narrative naturelle vitale pour tenter de dessiner un univers chaotique dans une rythmique équilibrée, en paix, toujours en interaction photosynthétique avec, toute proportion gardée, les mêmes traces dessinées sur le film de Camilo.

On espère que Nuestro Monte Luna s’inscrive dans la mémoire du spectateur, comme semble être ressentit par le réalisateur, comme une propre réconciliation avec un pays hypothétique et distant, pour lequel la captation est un acte de rencontre et le montage une proposition de tolérance.

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La muerte del Camajón, finalement, est un récit par Juan David Mejía qui évoque la tradition orale, produite  par un collectif (K-minante), indice sûrement révélateur des origines d’une démarche collaborative proche de la communauté caribéene dans laquelle elle s’installe. Un rituel pour soulager la mort,  un personnage principal au visage frappé par la vie, un arbre millénaire qui le regroupe avec ses amis complices, forment le décor cru et rugueux. Ainsi,  une démarche appuyée sur la mise en scènes’installe, ce qui ne parvient cependant pas à casser l’effet envoutant et chaleureux de l’écoute et l’empathie, que le témoignage universel d’une forte fraternité face à l’adversité installe à l’écran.

La lumière naturelle soulage la maladresse du jeu des participants pour exposer leur honnêteté et leur rapport fluide, naturel, avec les éléments  du paysage tropical. Ce voyage aux mouvements minimaux dans la profondeur d’une pensée traditionnelle,  cohabite l’écran avec l’arbre majestueux – camajón-, une puissante métaphore de la résilience et la sagesse. Comme si elle habitait dans le hors-champ du conflit colombien, la simplicité atemporelle de cette histoire permet un retour aux racines orales de l’amitié ou, si l’on veut, aux temps quand les histoires sans guerre étaient possibles.

Impresion de una guerra: 

  • 18 NOV – 14H30 – CINÉMA DU PARC 2
  • 21 NOV – 18H45 -CINÉMATHÈQUE QUÉBÉCOISE – SALLE FERNAND-SEGUIN

Nuestro monte luna:

  • 6 NOV – 20H30 – CINÉMA DU PARC 2

La muerte del Camajón:

  • Séance du 18 nov : avec sous-titres anglais
    Séance du 21 nov : avec sous-titres français

 

Vidéo Co-labo

6 juin 2014

J’ai été très heureux de participer à cette résidence proposée par Vidéographe en été 2014.  J’ai décidé d’utiliser mon blog comme plate-forme collaborative et partir pendant deux jours à la recherche de deux expériences extrêmes: une journée d’observation ethnographique au centre-ville montréalais pendant les exhibitions de la formule 1 et une journée de rituel intime rafraîchissant au fond d’un lac.

Voici le montage / collage par Vidéographe des résultats de la résidence Vidéo In Vivo… Interessants résultats de nos collègues! Merci et à une prochaine!

Voici l’invitation publiée sur ce blog:

Petite description initiale:

Je souhaite profiter de cette opportunité pour réfléchir sur le réchauffement de la pensée, le rapport problématique entre cycles naturels et technologie, visant la production d’une vidéo de forme documentaire expérimentale qui parte d’une idée d’accélération par le numérique, pour explorer/exposer une possibilité de rafraichissement par le rituel-non- virtuel.

Image

leer en español | read in english

Chers amis,

J’aimerais construire avec vous un fil directeur pour la vidéo que je réalise pour  la résidence Vidéo in vivo de Vidéographe et en faire une micro-collaboration. Le sujet guide de cette année est: le réchauffement.

L’idée c’est d’intégrer votre attitude face à une vidéo qui vous sécoue suivant l’une des thématiques suivantes: Politica / FIFA World Cup/ Planeta/ Freestyle. Pas besoin de jouer, j’aimerais juste vous voir regarder!

Je vous invite à m’envoyer cet autorportrait (son+image, avec la caméra en face de vous) de 30 secondes par dropbox ou wetransfer (lasuite@danielrodriguez.com) jusqu’à mercredi le 12 juin ou sur ce lien: http://danielrodriguez.com/upload/

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Le résultat sera montré chez Vidéographe le 13 juin à 19h (événement facebook), vous serez sur le générique en tant que collaborateur.

A+ et merci!

Start! – Alto relieve | Hauts-reliefs

12 octobre 2013

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Proyecto documental en desarrollo | disponible en francés y en inglés

VOTE IN CUBAN HAT!

Cuban

Alto relieve es un recorrido por las montañas colombianas buscando historias de vida ligadas de diferentes maneras por la Cordillera de los Andes en la región. La montaña se toma la palabra a través de la tradición oral rural y urbana, armando el discurso colectivo de un país devastado por la violencia y sostenido por la misma fuerza vital que la provoca.

La idea es que el paisaje emotivo permita articular voces y ritmos muy diferentes, que expongan una añoranza compartida: que esa belleza del paisaje corresponda a lo que llamamos paz. En contraste, la misma imagen recurrente podrá abrir un diálogo con abusos y frustraciones de las que se pueda hablar en un tono más pausado que el del agite diario.

Vote por este proyecto en el Cuban Hat  (link en francés o inglés) del Doc Circuit Montreal  , es el primer sondeo público del proyecto.

Para seguir de cerca la evolución de este proyecto afíliese a este blog o like al grupo facebook Hauts-reliefs.

Alto relieve ha sido seleccionado también para el taller de realización y diseño de proyecto en el Festival del film de la Montaña de Banff, al cual estaremos asistiendo a finales de octubre.

A mediados de octubre estaremos en Colombia en un viaje de investigación cuyos resultados esperamos mostrar el 19 de noviembre en el pitch público (La selección para exponer el proyecto depende de los votos alcanzados y la selección de un jurado de preselección).

Igualmente el proyecto espera desarrollar una plataforma on-line de participación internacional en la que otros realizadores – y demás posibles colaboradores – puedan aportar historias inspiradas en la montaña que construyan una visión colectiva de nuestra sociedad y los retos que enfrenta.  Es posible seguir esta iniciativa a través de la comunidad en  facebook, la página de este proyecto o en este blog.

Aqui algunas referencias que han motivado el proyecto

Visite la página de Endémica studios, productora de cine ambiental, primer aliado al proyecto responsable de las imágenes del demo incial.

Con el soporte creativo de Melissa Morris.

Llaneros tocando en Montreal | Palocruza’o aux Nuits d’Afrique 2013

30 juillet 2013

Souvenir de la visite de Palo Cruza’o à Montréal et une leçon Géo: en musique, les frontières n’existent pas et les plaines colombo-vénézuélienne sont le meilleur des exemples.

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Recuerdo de la visita del grupo Palo Cruza’o y una enseñanza de geografía: en la música no existen fronteras, y los Llanos orientales son el mejor ejemplo.

Descarga Llanera

Intro- Descarga Llanera

Las Bellezas del Llano

Las Bellezas del Llano

Llaneros - 2ème partie

Llaneros – 2ème partie

Première nuit d’afrique 2013

10 juillet 2013

Extraits de deux des concerts d’ouverture du Festival nuits d’afrique de Montréal 2013

Cette semaine je compte assister à autant de shows que possible, `å la recherche de l’esprit africain montréalais. Incluyendo afrocolombia.

Ce petit parcours a été inspiré par la participation de mes amis de la Gypsy Kumbia Orchestra de Montréal au Festival de Jazz, dont je publierai bientôt un clip.

Enjoy!

Intérieur Amazonas – SelVal

16 décembre 2012

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(Sigue en español)

Clare et Nico, des vieux bons amis, que j’ai rencontré dans des milieux très différents et ont décidé de marcher ensemble après s’être croisés à Leticia. Aujourd’hui leur courage se renouvèle dans leur décision d’achever ce projet, auquel ils croient parce qu’il définit leurs vies, auquel je crois parce qu’il peut nous apprendre à vivre.

Ce projet me semble déjà compter avec ces éléments qui promettent bouleverser l’écran: extrêmement personnel, à la recherche d’un paysage intérieur d’un point de vue flou, non pas parce que peu clair, mais plutôt parce que confondu entre la caméra, le personnage et celle qui guide le regard. J’invite le lecteur du hasard à suivre, partager et si possible intégrer financièrement ce projet sur IndieGogo, non seulement parce que je connais l’esprit sincère et authentique dans lequel il est fait, mais parce que je suis sur qu’en voyant le résultat nous allons être fiers de l’avoir fait. Vamos pa’l Amazonas!

To the Amazon / Al Amazonas – Trailer del documental from Nicolas Van Hemelryck on Vimeo.

Clare y Nico, grandes amigos que conocí lejos el uno del otro y ahora comparten todo en busca de un sueño selvático. En Leticia encuentran hoy motivos para desarrollar este proyecto audiovisual en el que creen porque los define y en el que creo porque nos puede enseñar algo de la vida. Un documental que parte con pie derecho, por ser intimo, por ligarse intimamente a un paisaje buscando la selva interior de un personaje en cuyo punto de vista se confunden el de su hija realizadora, el chico de mirada hipersensible y ojalá el del espectador, que se sentirá orgulloso si se implica compartiendo, siguiendo y ojalá financiando en IndieGogo desde ya esta iniciativa personal que ya se está volviendo colectiva. P’al Amazonas!

La ola audio_visual / la vague audio_visuelle

5 avril 2012

(sigue en español)

Mooon avait déjà surpris avec ses  Concerts à emporter dans sa capacité de tourner des séquences musicales avec du son direct et y capturer  la force de chansons comme dans un vidéo-clip vivant, une série micro-documentaire sur l’interpétation musicale. Ce style est inscrit et imprimé dans les sessions de La blogothèque tournées avec les montréalais Misteur Valaire, Arcade Fire et Patrick Watson. Il réussi pour moi à habiter l’espace visuel dans une danse de la caméra à l’unisson avec les mélodies interpétées et réproduire chez le spectateur une expérience ludique enveloppante.

Vincent Moon part cette fois-ci avec Lulacruza à la recherche de l’esprit musicale colombien, et cela ne peut être que le point de départ de quelque chose d’important. Le ton d’Alejandra, la chanteuse de ce groupe qui collabore dans cette créeation en tant que musicien-guide, peut sembler des fois solennel ou introspectif  au point de ne pas s’ouvrir à une communication complaisante avec le spectateur, qui pourrait s’attendre à une narration plus en premier degré du coloré paysage musicale colombien. Non, elle assume sérieusement son rôle de recherche spirituelle et maintient sa connection avec la nature comme priorité. Et je lui crois.  Le réalisateur, de son côté, maintient son regard flottant et, toujours guidé par la mélodie d’autri, se permet d’élaborer son discours interprétatif en s’éloignant tantôt pour inventer des métaphores sur la violence, tantôt pour laisser la caméra dessiner les passages/payssages qu’il découvre d’un oeuil étranger.

Voilà donc le potentiel de magie de cette rencontre: une complicité féminine radicale avec le rythme chamanique de ce pays mystérieux et un regard dansant à la recherche de la lumière et la couleur. Je ne pourrai franchement dire si la narration d’Alejandra, d’une si belle intention, ne me serait pas en trop dans quelques passages dans lesquels l’univers abordé suffit, ou si j’aurais apprécié dans la narration audiovisuelle un peu plus de cet esprit d’efficacité présent dans la creation musicale (avec un début et une fin) toujours respectant le plan séquence. Mais il  suffit de s’ouvrir, par exemple, au trance de la marimba pour, confirmer qu’il s’agit d’un style narratif sincère et puissant, une certaine reconfiguration du pouvoir audiovisuel déjà présente dans des projets comme Amplificado.

Première Montréal: samedi le 7 avril 2012 21:00 hrs

 Projection jam – Enclave @ casaobscura.org/ présenté para mecanique audiovisuelle – Évênement facebook

Moon ya  había sorprendido con su instinto para grabar en planos secuencia con sonido directo la esencia de interpretaciones musicales en sus Conciertos para llevar. Se trata de una manera de capturar la fuerza de las canciones en una especie de video-clip orgánico, una serie infinita de micro-documentales sobre la interpretación musical, que a su vez el espectador experimenta como si estuviera en el lugar gracias a la interpretación hecha mediante la cámara. Este estilo, con el que realizó sesiones con artistas montrealeses como Misteur Valaire, Arcade Fire y Patrick Watson, logra capturar espacios al ritmo de una interpretación coreográfica que genera una experiencia envolvente para el espectador.

En Esperando el tsunami, Moon parte guiado por una praeja, un grupo musical, en busca del espíritu musical colombiano, y esta premisa no puede ser más que el inicio de algo interesante, algo importante para el audiovisual: la manera como nuestros ritmos pueden influir en una búsqueda estética contemporánea, no sólo ligada a un autor sino a toda una generación sedienta de nuevas maneras de asumirse en el espectro de la creación documental. El tono de Alejandra, la cantante de este grupo que colabora con la creación como música-guía, se presenta solemne o introspectiva, sin abrirse a una comunicación complaciente con el espectador, que podría esperar una narración más elemental del colorido paisaje musical colombiano. No. Ella asume con seriedad su rol en una búsqueda espiritual y mantiene su conexión con la naturaleza como prioridad. Y esto nos convence. El realizador, por su parte, mantiene su mirada flotante, siempre guiado por la melodía « del otro », lo cual le permite elaborar un discurso interpretativo, alejándose de vez en cuando bien sea para crear metáforas que aluden a la violencia o para dejar que la cámara dibuje paseos/paisajes que descubre con una mirada extranjera.

Ahí está el poder mágico de este encuentro: la complicidad femenina radical con un ritmo chamánico de este país misterioso y una mirada que baila buscando la luz y el color. Sinceramente no se si la narración de Alejandra, de tan bella intención, no sobraría en algunos momentos en los que el universo explorado basta, o si terminamos deseando un poco más de esa eficacidad de la creación musical que tiene un principio y un final sin dejar de repetar el plano secuencia. Pero basta con dejarse llevar, por ejemplo, por el trance de la marimba, para confirmar que se trata de un estilo narrativo sincero y  con gran potencial, ciertamente una reconfiguración del poder audiovisual que ya empieza a sentirse en proyectos como Amplificado .